SUCY-EN-BRIE

Denis Diderot au Grandval
par Georges VIARD
(extrait)

 

Lorsque Denis Diderot séjourne pour la première fois au Grandval (1759), il est âgé de quarante-six ans. Sa réputation est faite depuis la publication des Pensées philosophiques (1746), des Bijoux indiscrets (1748) et de la Lettre sur les aveugles à l'usage de ceux qui voient(1749). Elle lui a valu de connaître durant quelques semaines le donjon de Vincennes. Pour retrouver la liberté, le philosophe a dû promettre de «ne rien faire à l’avenir qui puisse être contraire en la moindre chose à la religion et aux bonnes moeurs». Il s’est dès lors consacré entièrement à l’oeuvre immense entreprise avec d'Alembert, l'Encyclopédie, dont le premier tome est paru en 1751 et dont la publication se poursuivra jusqu'en 1766.

En 1754, le château du Grandval, à Sucy-en-Brie, devient la propriété de Nicolas d'Aine, maître des requêtes, qui décède en 1755. Sa veuve, née Suzanne de Westerberg, est cousine du baron d'Holbach et, doublement, a belle-mère. Ce dernier en effet a successivement épousé les deux filles de Nicolas et Suzanne d'Aine, l’aînée, Geneviève, puis la cadette, Charlotte. Madame d'Aine, le baron et son épouse ouvrent leur campagne, à l’automne notamment, aux convives de la synagogue, Grimm, Helvétius, Marmontel, Galiani, Morellet, la fine fleur du club holbachique. Tous y retrouvent avec plaisir «le père Hoop», un Écossais cocasse aux idées non conformistes.

Diderot, qui n’aime ni les voyages ni la vie loin de Paris, finit par se laisser convaincre : il rejoint, «par complaisance pour le baron», «cette souricière des champs». Il en apprécie rapidement les charmes, tout particulièrement «cette liberté illimitée qu’accorde la maîtresse de maison à ses hôtes et qu’en vérité on n'a pas chez soi». L'existence pourrait y paraître un peu routinière, avec «des journées partagées entre le travail, la bonne chère, la promenade et le jeu». Mais l'encyclopédiste y trouve largement son compte, abattant durant chacun de ses séjours «une besogne immense».

Madame d’Aine, en maîtresse de maison accomplie, se montre particulièrement soucieuse du bien-être de ses hôtes. Diderot ne résiste pas aux repas «énormes» qui rassemblent les invités, au point d'en attraper «deux ou trois indigestions, les unes sur les autres». Toujours attentive, la «belle-mère» ne déteste pas les plaisanteries osées. «Elle joue sans aimer le jeu ; elle se promène sans aimer la promenade ; elle aime à jaser, et elle se tait quand nous lisons. Et puis elle a je ne sais quelle sorte de gaîté burlesque et franche qui nous défraye depuis le matin jusqu’au soir. Elle jette toujours à travers notre philosophie quelques mots saugrenus qui l'égayent.»

Diderot apprécie plus encore la possibilité de travailler dans l'appartement mis à sa disposition, «le plus agréable de la maison». Il transporte toujours au Grandval sa «boutique littéraire» et tous ses «outils». Dès septembre 1759, il y rédige son premier Salon. Il y travaille pour l'Encyclopédie et la Correspondance littéraire de Grimm. En 1770 encore, il y écrira l'Apologie de l'abbé Galiani. Il relit les ouvrages du baron d'Holbach : «Celui-ci, écrit-il, m'apporte le soir ses chiffons ; le matin, il vient voir si je m'en suis occupé ; nous en causons ; et d'autres choses.» L'esprit toujours en éveil, le philosophe utilise à plein «l'oisiveté du Grandval». Les jours n'y suffisent pas : «On épie ici mes veillées à la diminution de ma bougie et l'on me fait des querelles très sérieuses.» Le parc bruisse-t-il des travaux des jardiniers ? Diderot y trouve son compte : «J'ai été voir planter des buis, tracer des plates-bandes, semer des boulingrins. J'aime à causer avec le paysan ; j'en apprends toujours quelque chose.»

[…]

 

Extrait de l'ouvrage : Balade en Val-de-Marne, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2002


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« La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage »

(Louis Aragon, J’abats mon jeu)

 

"Armez la chaloupe !", Brest des écrivains est en vente.

 

Toujours, sur notre page Facebook, retrouvez l'actualité des écrivains et des lieux qu'ils ont marqués de leur empreinte. Aujourd'hui il est question de Maurice Leblanc :

 

Le 6 novembre 1941, s'éteignit Maurice Leblanc, l'auteur de la saga d'Arsène Lupin.
On peut visiter sa maison à Etretat, Le Clos Lupin, accompagné du guide La Seine-Maritime des écrivains :


« L’aiguille d’Étretat est sans doute le plus beau monument que l’on pouvait élever à la gloire de Maurice Leblanc : pour des millions de touristes, elle est "l’aiguille creuse", repaire d’Arsène Lupin.
Inventer le personnage du gentleman-cambrioleur, creuser l’aiguille pour y loger ses trésors, cela semble si simple, a telle valeur d’évidence, qu’on en oublie le génie qui voulut cela. Ce fut celui de Maurice Leblanc, écrivain mieux connu à Étretat depuis que la maison qu’il y habita, le Clos-Lupin, est devenue, en 1999, un « parcours-spectacle » consacré à son œuvre. Mais Maurice Leblanc est encore trop souvent oublié par les histoires officielles de la littérature… »

 


Comme dit Yvan Leclerc dans sa présentation de Flaubert en Bretagne Ces voyages en France sont aussi un parcours dans l’histoire de la littérature, à la rencontre du génie des lieux et des lieux qui ont produit des génies.

 

Le Salon du livre de Paris a présenté lors d’une conférence destinée aux éditeurs et à la presse, le 16 septembre au café Les Editeurs, à Paris (6e), une des nouveautés de sa prochaine édition, du 20 au 23 mars : un nouveau “square” “tourisme, voyages et récits d’aventures” sur le modèle du “square culinaire”. Vous y retrouverez les Editions Alexandrines.


La Bretagne des écrivains (de Vannes à Brest) a été sélectionné parmi les 4 finalistes du Prix du livre France Bleu des libraires indépendants en Bretagne.
Cet ouvrage ne décrit pas la Bretagne des guides touristiques. Il parle des Bretagne, intimes, sauvages. Celles des auteurs qui par leurs plumes chantent la beauté dangereuse de leur pays natal.

 

Netflix, société américaine de "vidéo à la demande", bricole une série sur "le pouvoir, la corruption et la rédemption" à Marseille pour le "marché français".
Comme si les grands auteurs de Marseille avaient attendu la VOD pour porter un regard sociologique et tendre sur leur propre ville.
Par exemple Jean-Claude Izzo, "fils d’immigré, d’un père arrivé par bateau à l’âge de 16 ans et d’une mère née au Panier, mais qui n’a pu obtenir la nationalité française qu’à son mariage. Cette ville qui l’a fait grandir, humainement et politiquement. Cette ville qui, depuis toujours, a lutté contre les inégalités et l’exclusion. Lui cet enfant d’une famille pauvre est né rue Ferdinand Brunetière à Marseille, loin du quartier du Panier."
(extrait de Marseille des écrivains)


"C'est le guide le plus original pour (re)visiter la Bretagne. Invitation au voyage et à la lecture, il retrace le parcours de 40 écrivains historiques et contemporains, connus ou tombés dans l'oubli, avec un extrait d'une de leurs oeuvres ayant trait à la Bretagne.", voilà ce que dit le Nouvel Obs dans son dernier numéro de Balade en Bretagne Nord dans un bel article sur les écrivains des Côtes-d'Armor : Ernest Renan, Joseph Conrad, Pierre Loti, Louis Guilloux, Kenneth White, etc.

 

Les éditions Alexandrines ont mis en vente les ouvrages de la collection "Les écrivains vagabondent" au format numérique : 12 « e-biographies » sont désormais disponibles au format e-pub, à 2,99 euros. Les meilleurs spécialistes de Cocteau, Colette, Daudet, Dumas, Gide, Hugo, Maupassant, Prévert, Racine, Sand, Verne, Zola, vous racontent leurs vagabondages.

Retrouvez nos titres en vente sur le site Immatériel

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