EDITIONS ALEXANDRINES  
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Georges Bernanos, l’enfant de Fressin, raconté par Lucien Suel
 

Le souvenir de Georges Bernanos est intimement lié aux personnages qu’il a fait vivre et mourir dans ses romans, Mouchette, l’abbé Donissan, le curé d’Ambricourt, Chantal de Clergerie... Mais on ne peut les séparer des paysages dans lesquels il les a placés et qui sont ceux de son enfance, les paysages de l’Artois, entre Boulogne et Lumbres, entre Desvres et Montreuil, Aire-sur-la-Lys et Fruges, d’Etaples à Hesdin, tout autour du village de Fressin.

C’est là qu’en 1896, la famille Bernanos achète, pour y passer les vacances, une grande maison près de l’église. De l’âge de 8 ans à l’âge de 16 ans, Georges Bernanos y passera tous ses étés, enfant, tantôt absorbé dans la lecture, allant jusqu’à s’installer pour lire en haut du grand sapin dans le parc, tantôt turbulent, « empruntant » le fusil de son père pour s’exercer à la chasse dans les poulaillers des environs puis, adolescent, jouant aux cartes ou aux échecs avec l’abbé Dubois, curé de Fressin et l’abbé Garenaux, curé de Planques, ou jeune homme, galopant sur son cheval jusqu’à Fruges pour jouer au billard dans un café.

En 1904, la famille s’installe à l’année dans la résidence de Fressin et Georges Bernanos devient interne à l’Institution Sainte-Marie à Aire-sur-la-Lys où il accomplira son année de rhétorique, achevant là ses études secondaires...

En 1926 paraît Sous le soleil de Satan qui rencontre un succès immédiat. Le village de Fressin est le décor principal du roman. Après le succès de ce premier roman, Bernanos abandonnera sa profession d’assureur pour se consacrer à la littérature. Suivront l’ Imposture (1927), La Joie (1928), Journal d’un curé de campagne (1936), Monsieur Ouine (1943).

Malgré tous les déménagements de son existence, de Paris à Rouen, d’Amiens à Toulon, de l’Espagne au Paraguay et au Brésil, Bernanos restera toute sa vie attaché au village de Fressin et au pays d’Artois. « Dès que je prends la plume, ce qui se lève tout de suite en moi c’est mon enfance, mon enfance si ordinaire, qui ressemble à toutes les autres, et dont pourtant je tire tout ce que j’écris comme d’une source inépuisable de rêves. »

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