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Noël Simsolo à Lille

LILLE

Cinéma et polar : Noël Simsolo
par Paul RENARD
(extrait)

« J’ai passé toute mon enfance dans cette ville où je reviens régulièrement. Elle fut le théâtre de mes éblouissements et de mes initiations. J’y ai connu la sauvagerie, la souffrance, la misère et une toute petite gloire. Tout le Nord m’inspire par son étrange mélange de sublime et de sordide », se confie Noël Simsolo.

Né à Périgueux en 1944, il arrive à Lille deux ans plus tard. Très jeune, il voit des films classiques ; sa mère divorcée, qui fait des ménages, prélève sur son maigre salaire les sommes qui permettent à l’enfant d’aller au cinéma tous les dimanches dans des salles de quartier, alors nombreuses, dont Le Paris, rue de l’Hôpital Militaire, ou à l’occasion seulement, car c’est plus cher, dans celles de la rue de Béthune depuis toujours et encore fameuse pour sa densité en écrans. Noël Simsolo se souvient avoir vu Fenêtre sur cour de Hitchcock au Cinéchic.

Adolescent, son unique préoccupation consiste à trouver l’argent nécessaire pour voir des films, de préférence ceux en version originale qui ne passent qu’au Ritz. Après les séances, des discussions entre cinéphiles se font dans les cafés du centre de Lille, Le Moderne (beaucoup de Lillois ne se résignent pas à l’idée qu’il soit devenu un Mac-Do) ou le bar-tabac Le Khédive. À partir de 1961, Simsolo fréquente avec assiduité le Nord-Ciné-Club, au Ciné-Capri, place Louise de Bettignies. L’année suivante, il fait la connaissance d’un autre Lillois, Pierre-Henri Deleau (il deviendra plus tard directeur de « la Quinzaine des Réalisateurs » au Festival de Cannes), qui prend la direction du Ciné-club étudiant. Le mercredi soir sont projetés deux films suivis de débats passionnés et contradictoires entre de nombreux spectateurs affiliés à un syndicat de gauche, l’U.N.E.F., très anti-américain, et Deleau et Simsolo, favorables à certains films d’Hollywood. Dans le cadre de ce ciné-club, Simsolo participe aussi à des week-ends consacrés à des metteurs en scène renommés, comme Vincente Minnelli ou Douglas Sirk, et il rencontre des célébrités du cinéma comme Joseph Losey. Il se livre ensuite à sa passion du septième art à Paris, publiant des ouvrages sur Clint Eastwood, Samuel Fuller, Sacha Guitry, Howard Hawks, Alfred Hitchcock, Fritz Lang, Sergio Leone, Jerry Lewis et écrivant des scénarios, dont celui de La Dernière femme de Marco Ferreri. Il réalise un film, Cauchemar (1980), et fait également des apparitions comme acteur, souvent dans des rôles de personnages louches comme dans Au cœur du mensonge (1999) de Claude Chabrol.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage :Balade dans le Nord, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, février 2005

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