Monoblet Ysabelle Lacamp

Monoblet

 

Ysabelle Lacamp à la croisée de ses racines,
par Caroline Lemaître
(extrait)

 

 

Ysabelle Lacamp parle très peu des Cévennes dans ses livres. Dans deux seulement. Pourtant ses « vraies » racines sont ici, à Monoblet, à la croisée de l’Europe et de l’Asie, et cela bien avant elle.

Les Cévennes sont la terre originelle d’Ysabelle Lacamp, de mère coréenne. Ce lien étroit lui vient de son père, Max Olivier-Lacamp, grand reporter et romancier qui a reçu le prix Renaudot en 1969 pour les Feux de la colère sur la guerre des camisards. Bien que née à Paris, elle reconnaît « être sortie de cette maison, c’est le ventre sacré ». La « maison » dont elle parle, c’est la bâtisse traditionnelle accolée à la filature qui appartient à une vieille famille huguenote dont est issu son père. La soie, déjà. Ce symbole d’évasion et de route a fait la richesse des basses Cévennes au XIXe siècle. Plus haut, en montagne, la vie y est longtemps largement dominée par le troc, et le seul argent gagné provient de la vente des cocons aux filatures de la plaine.

Située à Monoblet, près d’Anduze, cette maison du XVIIIe siècle représente ses premières attaches à ce pays qui n’est pas complètement le sien. Elle confie y être viscéralement attachée. « Depuis que je suis toute petite, j’y passe toutes mes vacances. Identitairement, c’est vraiment extraordinaire et je pense que j’ai d’autant mieux vécu mon métissage que j’avais cette maison. » Là, dans le secret des pierres où chaque génération a construit sa vie, elle a découvert son passé, la vie policée des petits hobereaux méridionaux, les fortunes qui se font et se défont. « On ne peut pas ouvrir un placard sans qu’une liasse de papiers ne vous tombe dessus. Il y a des souvenirs de toutes les époques, on a tout gardé », confie-t-elle en reconnaissant que ce patrimoine dormant lui a chuchoté bien des histoires.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Gard, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2008

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