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Jean-Baptiste Gresset à Amiens

AMIENS

Gresset, Picard fidèle
Par Jean LOMBARD
(extrait)

Gresset se trouve lié à Amiens avant même que d’y naître, y compris sur le plan poétique.

Son père, Jean-Baptiste, poète lui-même, s’adressait à Louis XIV comme son fils le fera pour Louis XV. Même principes de religion et de morale, même amour de la tranquillité et de la petite patrie. La mère de Gresset, Catherine Rohaut, discrète et pieuse, a élevé ses neuf enfants, parmi lesquels Gresset préférait sa sœur Marie-Thérèse, peut-être « un peu friponne » disait-il, mais « qui des Picardes est la crème », très belle en tout cas et pleine d’esprit.

Donc Jean-Baptiste-Louis Gresset naît à Amiens le 29 août 1709, rue des Verts-Aulnois, l’actuelle rue Albert-Dauphin, où habitaient ses parents. Il fait ses études au collège des Jésuites, qui se trouvait près du cimetière Saint-Denis, devenu la place René-Goblet. Le 4 septembre 1726 il entre à Paris chez les Jésuites de Louis-le-Grand. Il ne s’y plaît guère, mais dès 1728 ses maîtres, qui le destinent à l’enseignement, l’envoient s’entraîner à Moulins, puis à Tours, puis à Rouen en 1734.

De Tours à Rouen, il passe par Amiens pour voir sa famille. Et arrivé à destination, il écrit à sa mère pour lui raconter ce qu’on peut appeler son Voyage à Rouen, plus agréable à lire pour un Picard que pour un Normand :

« C’est en quittant Gournay que déjà l’on commence
A sentir insensiblement
La totale différence
Du bon pays picard et du climat normand ;
La candeur, la franchise, et la douce innocence
Ne suivent pas plus loin, et, tandis qu’on avance,
Ces vertus, de notre air sentant le changement,
Se tiennent dans l’éloignement. »

Mais il ne reste pas longtemps à Rouen. Rappelé à Louis-le-Grand pour parfaire sa théologie, il y met surtout au point un poème, qui sera publié en 1735 : Ver-Vert. Inutile, soit dit en passant, d’essayer d’expliquer ce « Ver », alors qu’on attendrait « Vert », d’autant plus qu’une autre orthographe, « Vair », suscite également des hypothèses aussi aventureuses. Il suffit de dire que Gresset a toujours écrit « Ver ».

[…]

Extrait de l’ouvrage : Balade dans la Somme, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2007

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