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Rivarol à Bagnols-sur-Cèze

Bagnols-sur-Cèze

 

Rivarol ou l’esprit français,
par Sylvain Menant

(extrait)

 

Antoine Rivarol est un fils de Bagnols-sur-Cèze. Il y a passé son enfance, une partie de sa famille y est restée fixée et aujourd’hui encore l’ensemble des manuscrits de cet écrivain est conservé dans les archives de la bibliothèque municipale de sa ville natale. De son vivant, son œuvre la plus connue, qui l’a rendu célèbre dans toute l’Europe, était un essai écrit pour un concours comme en organisaient alors les académies : le Discours sur l’universalité de la langue française (écrit en 1783, publié en 1784). C’était l’Académie de Berlin (où la langue d’usage était alors le français) qui avait proposé ce sujet. Rivarol gagna le concours ex-aequo avec un professeur de Stuttgart. Autre source de sa célébrité : après la mort de l’écrivain, une partie de ses papiers fut publiée par deux hommes de lettres qui l’avaient connu, Fayolle et Chênedollé, sous le titre de l’Esprit de Rivarol (1808). Ce recueil connut un immense succès. Il est fait de réflexions amusantes ou profondes, de bons mots, de remarques sévères et fines sur les hommes, les femmes, les grands, les acteurs, les Français, les étrangers, la religion, la politique, le bonheur et les raisons de s’inquiéter. Les formules de Rivarol n’ont plus cessé d’être reprises et répétées. En somme, Rivarol est un auteur qu’on ne lit pas beaucoup, mais qu’on cite souvent.

 

Nous n’avons pas beaucoup de détails sur son enfance à Bagnols-sur-Cèze. Il était le fils aîné d’une famille de seize enfants. Parmi eux, outre Antoine, un autre fils devait faire son chemin et devenir général sous l’Empire, et une fille, Françoise de Beauvert, devait devenir la compagne du général Dumouriez. Son grand-père paternel, Antoine-Roch Rivaroli, était un officier milanais de bonne noblesse, qui s’était fixé dans la région de Bagnols vers 1716. Son père, lui, exerça pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille divers emplois modestes ; on a prétendu qu’il avait même tenu une auberge, mais rien ne le prouve, et cette rumeur devait être destinée à déconsidérer Rivarol dans la bonne société, à l’époque où il cherchait à s’y faire une place, malgré de nombreuses jalousies et de nombreuses inimitiés.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Gard, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2008

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