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Arcisse de Caumont à Bayeux

BAYEUX

Arcisse de Caumont, un Normand de terrain,
par Vincent Juhel
(extrait)

« Semons, semons toujours, récoltera qui pourra ».

Cette devise personnelle résume bien la vie d’Arcisse de Caumont, explorateur, défricheur, laboureur et tuteur du renouveau de la culture à travers tout le xixe siècle. Homme à la curiosité toujours en éveil, il n’est pas un domaine ou une question sur laquelle il n’ait pas écrit ou réfléchi. Dépassant l’horizon de « l’honnête homme » du xviiie siècle par son intelligence pratique toujours en application, il constitue une figure originale et attachante, loin de l’idée que l’on peut se faire d’un érudit local du xixe siècle.

Né à Bayeux en 1801, il fit des études de droit à Caen. D’autres passions l’animaient : les sciences et l’histoire. Il avait à peine vingt ans qu’il faisait déjà des courses géologiques et archéologiques dans le Calvados, allant à pied ou à cheval, couchant là où il pouvait. De la recherche des roches et de la compréhension des couches géologiques, il en était arrivé à observer l’architecture et à tenter de la décrypter afin de pouvoir en établir une classification, adoptant ainsi les principes des sciences naturelles. En 1823, après avoir participé, avec ses amis naturalistes, à la création de la Société linnéenne de Normandie, il présenta sa première synthèse archéologique intitulée : « Essai sur l’architecture religieuse du Moyen Âge, principalement en Normandie » à la Société d’émulation de Caen qu’il venait de créer.

Quelques mois plus tard, avec le soutien d’historiens reconnus comme l’abbé de La Rue, Charles de Gerville ou Auguste Le Prevost, il fonda la Société des antiquaires de Normandie, dédiée à l’étude de l’histoire et de l’archéologie de l’ancienne Normandie. Le succès immédiat de cette entreprise consacra rapidement la valeur du jeune archéologue à un niveau national. Celui-ci se considérait déjà – non sans vanité – comme « le Linné de l’archéologie », et il commença à rédiger sa biographie en se présentant à la 3e personne.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Calvados, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2004

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