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Combescot au Cailar

Le Cailar

 

Pierre Combescot,
« Les romans, c’est comme une forêt qu’on survole »,
par Hocine Rouagdia

(extrait)

 

Impensable de parler de Pierre Combescot sans s’arrêter un instant au Cailar, ce village de Petite Camargue où l’écrivain trouve refuge « quand Paris devient trop stressant ». Impossible, non plus, de tenter de cerner le personnage sans parler de ses amis du Cailar, des bistrots, des abrivados, des beaux gosses enivrés, des grands-mères bavardant devant les maisons. Voilà pour le tableau de cette campagne qui semble avoir proclamé son indépendance entre Nîmes et Montpellier. Au Cailar, la beauté est partout. Elle inspire. Les prés, les habitants, les taureaux, la nature ; la fantaisie et l’alcool font tomber les barrières. Combescot, lui, les franchit allègrement sous sa plume et dans son existence. C’est qu’il est leste le bougre. Indubitablement, son audace et son bel esprit ont forgé un style qui lui a permis de collectionner les prix littéraires comme les bigotes les chapelets. Mais, pour lui, ni ciboire ni ostensoir, la liturgie ce sont les mots et l’écriture son salut. Écrivain et journaliste. La plume du bonhomme est incroyablement fertile. Romans, biographies, critiques, son monde est aussi vaste que ses amis sont divers. Voilà pour l’esquisse de cet écrivain journaliste. Lui préférerait voir sur son épitaphe : Ici repose Pierre Combescot, journaliste — « écrivain n’est pas un métier », prend-il soin de préciser. C’est pourtant avec l’argent du prix Goncourt, obtenu avec le roman Les Filles du calvaire, qu’il a pu acquérir une demeure au Cailar. Là, il retrouve ses amis autour d’une belle table, souvent celle de Jean Lafont. Car si Pierre Combescot a posé ses valises dans le Gard, c’est bien grâce au célèbre manadier avec lequel il cultive une amitié de près de quarante années. Fondateur de la mythique boîte de nuit la Churascaia, Jean Lafont, l’ami de la vicomtesse de Noailles, est, disons-le simplement, un homme exceptionnel, un être hors du commun. Parmi les nombreux talents de cet ancien éleveur de taureaux de Camargue, le plus abouti est celui de la rencontre. En marge de son goût immodéré pour les taureaux, les mots croisés et la botanique, Jean Lafont est un formidable assembleur, un expert en mélanges, un virtuose pour agglomérer, mêler des gens dissemblables.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Gard, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2008

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