René Descartes en son village

DESCARTES

René Descartes, le philosophe errant

par Sylvie Pouliquen

 

Sans vouloir être donneur de leçons, Descartes fait, dans son Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, le récit de son propre cheminement intellectuel (« l’histoire de mon esprit »), depuis sa naissance jusqu’à la date de rédaction de son ouvrage, 1637. Et sur de nombreux sujets il nous met en garde.

« … nous avons tous été enfants avant que d’être hommes… » (Discours de la méthode, 2ème partie)

Avoir été enfant, c’est avoir un passé. Un passé régi par les volontés des autres et par nos « appétits », nos désirs, donc un passé où la pensée personnelle n’a pu librement se développer, un passé entravé. Un passé qui continue à peser sur le présent de l’adulte. Descartes n’y échappe pas. Quel est ce passé qui « tient » et qui « retient » René Descartes ?

A plusieurs siècles de distance, nous apparaît un Descartes en clair-obscur, à la vie mouvementée où alternent ombre et lumière. Un Descartes qui « s’avance masqué », qui inscrit sous son blason la devise « Qui bene latuit, bene vixit »  (Pour vivre heureux, vivons caché), se cache derrière son œuvre qu’il propulse dans l’intense clarté de la « lumière naturelle », de la « Vérité ». Un Descartes au caractère ambivalent, tiraillé entre le désir de tranquillité, nécessaire pour aboutir à des découvertes scientifiques et pour s’enrouler en son esprit, et le besoin d’échange, la sociabilité qui le poussent à dialoguer avec ses contemporains, amis ou ennemis, avec ses « neveux » qui, dans l’avenir, comprendront mieux son œuvre, avec le monde tout entier…

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en région Centre, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, 2013.

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