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Marceline Desbordes-Valmore à Douai

DOUAI

Marceline Desbordes-Valmore,
L’Éternelle exilée
par Georges Dottin

Marceline Desbordes-Valmore fut une épistolière acharnée, aspect de son activité qui est moins connu que son œuvre de femme poète. Marceline écrivait des lettres pratiquement tous les jours, à un nombre étonnant de correspondants parmi lesquels les plus illustres furent Lamartine, Balzac, Hugo, Dumas père ou encore Mesdames Récamier, d’Agoult ou George Sand. La Bibliothèque municipale de sa ville natale – Douai – conserve au moins cinq mille lettres de Marceline, à l’état d’originaux autographes ou de copies anciennes faites notamment par son mari Prosper Valmore dans les années qui ont suivi sa mort (23 juillet 1859), et par son fils Hippolyte à la fin du xixe siècle. La correspondance conservée à Douai s’étend sur un peu plus de quarante ans, de 1817-1818 à 1859 et est hélas assez unilatérale : on ne possède pratiquement que des lettres envoyées, très peu de lettres reçues. Toute sa vie, Marceline Desbordes-Valmore a porté Douai dans son cœur et a correspondu avec des parents et amis douaisiens. On a gardé, par exemple, de nombreuses lettres à la famille Saudeur et à Hippolyte-Romain Duthillœul, notable qui fut commerçant, industriel, juge de paix et bibliothécaire de la ville, entre autres fonctions. C’est à Dutillœul que Marceline demanda de gérer le pécule de survie qu’elle accordait de ses pauvres deniers à son frère Félix, pensionnaire de l’Hospice général. Félix Desbordes, soldat de l’empereur fait prisonnier en Espagne en août 1809, ne s’était jamais remis des horreurs de l’enfermement dans les « pontons » en Écosse d’où il ne fut libéré qu’à la chute de l’Empire.

L’aspect le plus impressionnant pour le lecteur de cette correspondance est le cœur débordant de compassion et l’altruisme immense de son auteur. Certes, Marceline se plaint rituellement de ses innombrables douleurs physiques et morales, mais elle sollicite beaucoup pour les autres bien plus que pour elle-même. Qu’il s’agisse de Prosper Valmore, comédien sans grand talent qui mena et fit mener à son épouse une vie d’errance infernale toujours à la chasse au cachet, d’Hippolyte Valmore qui n’obtint le baccalauréat qu’avec protection et ne dut son gagne-pain que grâce aux connaissances bien placées de sa mère ou encore d’Hyacinthe, dite Ondine, en qui elle mit de grands espoirs littéraires, toujours Marceline demande, prie, supplie, vante des qualités réelles ou embellies chez ceux qu’elle recommande à des détenteurs de pouvoir.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage :Balade dans le Nord, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, février 2005

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