George Sand à Nohant

NOHANT

Aurore Dupin, alias George Sand, à la découverte du Berry

par Sylvie Delaigue Moins

 

« J’aime mieux une ortie dans mon pays qu’un chêne en pays étranger. Le cœur me fend de joie à chaque pierre et à chaque buisson que je reconnais. »
N’est-ce pas George Sand elle-même qui s’exprime ici par la bouche de Tiennet lors de la dix-huitième veillée des Maîtres Sonneurs ?
En tous cas, c’est sans intermédiaire qu’elle répète dans ses lettres son attachement à la campagne et à sa vie en Berry.
Vient-elle de courir la Provence ou la Savoie ? Revient-elle de Venise où l’ont enchantée les soleils couchants, le ciel traversé de grandes nuées violettes et cette pépinière de flèches et de dômes perçant l’horizon ? C’est toujours le même contentement de retrouver son pays plat et ses vastes vallées bleues. Et cela, quelle que soit la saison ; par la neige ou par la pluie, elle « ne haït jamais Nohant » où l’on oublie « la vilaine boue de ce fangeux Paris ». Ce Nohant qu’elle dit « aimer de passion », ce Nohant si plein des meilleurs souvenirs de son enfance.

Ces souvenirs, elle en a longuement parlé dans son Histoire de ma Vie où elle convient qu’ils sont, pour elle comme pour la plupart des gens, des impressions qui flottent, isolées dans un vaste ensemble ; telles ces images furtives de son père, éblouissant dans son uniforme d’officier napoléonien, lors de ses permissions dans le modeste appartement de sa mère rue Grange Batelière à Paris.

Nohant, ce hameau perdu dans la campagne berrichonne aurait pu être un simple lieu de vacances, une halte au gré des permissions de Maurice Dupin, aide de camp de Murat si une suite d’événements tragiques n’en avait décidé autrement : d’abord la mort du petit frère d’Aurore et, huit jours plus tard, le 16 septembre, celle de son père renversé par son cheval à moins d’une lieue de la maison, enfin, quelques mois plus tard, sa mère en se désistant de la tutelle de sa fille en faveur de sa belle-mère, Madame Dupin de Francueil, déterminerait l’avenir d’Aurore. Dorénavant fixée en Berry, l’enfant allait progressivement se fondre dans cette nature paisible, s’en imprégner au point de – comme l’écrit Georges Lubin – « s’identifier avec cette province d’une manière indissoluble et l’incarner pour ainsi dire, aux yeux des siècles à venir »…

Extrait de l’ouvrage : Balade en région Centre, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, 2013.

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