Irène Frain à Lorient

LORIENT

Le beau destin d’Irène Frain

par Françoise Livinec

La Bretagne pittoresque des années 50 ! Celle de Lorient d’Irène Frain, née Le Pohon ?

Une ville morte. Pas outragée, ni brisée ou détruite; non, morte. Lorient,  par 4000 tonnes de bombes, comme à Dresde. Encore les bombes des alliés. Ici, elles échouèrent à détruire la base de sous-marins allemands. Et une libération tardive qui n’aura raison de la poche allemande que le 10 mai 1945.

Après la Libération, son père, Jean Le Pohon, refuse les logements provisoires du ministère de la Reconstruction, ces kits en bois à monter soi-même, « les baraque américaines », qui formeront dans Lorient  vingt–huit cités, chacune composée de près de trois cents maisons pensées pour être provisoires — mais la dernière baraque ne disparaîtra qu’en 1991.

Jean Le Pohon, son père, un sacré personnage! Il avait appris le français à l’école de Cléguérec, à 40 kms de Lorient, mais l’avait  » désappris » dans la ferme où il avait été placé pour nourrir sa mère malade et où il vivait dans le grenier de la soue à cochons. Dans les années 30, il débarque à Lorient, ville francophone. Il y retrouve la  » langue de l’école »,  devient maçon, puis, retour de guerre, entre à l’A.F.P.A pour former les ouvriers chargés de reconstruire Lorient. » Non aux baraques américaines !  » proclame-t-il, il préfère loger dans « du dur » avec sa femme Simone, petite couturière très tôt « retirée de l’école » comme lui, pour ne plus être à charge des siens.

[…]

Extrait de La Bretagne sud des écrivains, Alexandrines, 2014.

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