George Sand à Palaiseau

PALAISEAU

George Sand en son ermitage palaisien
par Marie-Thérèse BAUMGARTNER
(extrait)

 

« Elle était là depuis dix-huit mois ; je reviens de voyage, j’accours pour la voir. Ne connaissant pas le chemin, j’entre dans une boutique et je demande à l’honnête commerçant dont le nom ne peut rester inconnu dans le pays, puisqu’il a eu le soin de le faire peindre sur son enseigne, je demande à cet homme de m’indiquer la maison de George Sand.

—Comment dites-vous ?
—Madame George Sand.
—George Sand? Qu’est-ce qu’elle fait cette dame?
—Elle écrit ! Enfin, c’est George Sand.
—George Sand ? Je ne connais pas ça ici.

Je vois encore un tonnelier à qui je fis la même question pendant qu’il rinçait ses bouteilles sur la porte de son cellier, et qui me fit la même réponse, que je reçus une troisième fois d’un paysan qui passait. J’avisai enfin une maison cossue sur le seuil de laquelle une femme âgée, très proprette, à bonnet ruché, lisait un journal. Elle lisait. Elle devait avoir lu au moins La Mare au Diable ou François le Champi. Elle me répondit cette phrase admirable:

—N’est-ce pas une femme qui est dans les papiers? Quels papiers ?
Je répondis oui. Au fait! les papiers pouvaient être des papiers imprimés. C’est ainsi que je trouvai la dame que je cherchais.

Voilà ce que c’était que la gloire en 1865, à trois quarts d’heure de Paris, par le chemin de fer de Sceaux. »

C’est en juin 1864 que George Sand, laissant Nohant à son fils Maurice et à sa belle-fille Lina, s’installe à Palaiseau en compagnie de son ami Manceau, malade, dans une « maisonnette blanche au milieu d’une plaine, au pied d’une petite colline, au bord d’une route à ornières où passe de temps en temps un chariot aux essieux plaintifs chargé de foin ou de légumes».

George est ravie: ses nombreuses lettres expriment son enthousiasme pour le lieu, la maison, le jardin, les villageois. Tout l’enchante alors : « La maison est charmante, le pays délicieux, un calme, un silence admirables. »

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Essonne, sur les pas des écrivains, Alexandrines, 2010

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *