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Louis Costel à Saint-Sauveur-Lendelin

SAINT-SAUVEUR-LENDELIN

Louis Costel, au plus près des Hommes
par Roger-Jean Lebarbenchon
(extrait)

Écrivain, prêtre, et exorciste. Et si Louis Costel était tout simplement un Cotentinais enraciné et assez remarquable ? Sa vie, son œuvre, son action pastorale, tout le démontre.

L’enfant de Saint-Sauveur-Lendelin, au sud de la presqu’île, n’oublia jamais ses origines modestes : fils d’un bourrelier, métier maintenant disparu. À moins de quatorze ans, le certificat d’études primaires obtenu, le voilà à apprendre les gestes précis – tranchet, aiguille courbe et ligneul – de ceux qui entreprenaient les attelages. Mais ce garçon éveillé avait d’autres idées, si bien qu’on le retrouve clerc de notaire et plus tard employé de préfecture dans le Calvados. Son milieu traditionnel le marque au point qu’il ressent une autre aspiration d’importance : Devenir prêtre. À vingt-cinq ans, il entre au séminaire, âge où, en général, on en sort. Costel un cas ? Pas tout à fait, bien que…

Vieil atavisme ou choix personnels, après avoir été à Coutances, professeur des vocations tardives, il exercera dans des paroisses de la côte ouest : Denneville, Gouville, Jullouville. Curé de campagne, discret, à l’écoute, sans tapage aucun. Il exerce son sacerdoce avec l’humilité de ceux qui aiment et comprennent leur prochain mais se gardent bien de perdre leur indépendance. On lui confia une tâche assez étonnante au xxe siècle, celle d’exorciste. Contrairement à ce qu’on croit il reçut beaucoup de personnes, six cent en cinq ans. Dans son bureau on ne peut plus simple sinon banal, on lui confiait des peurs, des craintes d’être envoûté, d’être marqué par quelque sort funeste. La peur, souvent la peur. Le curé lui, parfaitement humain, écoute longuement, comprend, parle doucement et bénit. Voilà le malheureux possédé – ou qui se croit tel – en partie rassuré par cette attitude des plus empathiques. Ces phénomènes plus psychologiques que surnaturels, hérités des vieilles croyances, lui Costel, les combat, surtout, avec sa bonté. Ces rencontres auront une influence sur son œuvre, à moins qu’on l’ait chargé des exorcismes parce que précisément il s’était intéressé à ces déviances sociales et religieuses.

L’âge de la retraite venu, il se retourne vivre là où il naquit, à Saint-Sauveur-Lendelin. Peu de temps après, la maladie implacable le saisit. Le 28 mai 2002, il meurt. Il est inhumé dans sa paroisse natale. Sa biographie pourrait s’arrêter là. Sauf que Louis avait une passion : écrire sur ce qu’il rencontrait, au fil des jours, sur ce qu’il connaissait bien : la vie des gens.

Écrire. Il déclara souvent qu’il était écrivain avant d’être curé, ce qui signifiait que la passion d’écrire le tenait depuis bien longtemps. Il nous laisse une œuvre importante, dont on peut retenir trois thèmes majeurs.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans la Manche, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2006.

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