Sainte-Maxime Maupassant

SAINTE-MAXIME

Un regardeur du Var, Guy de Maupassant
par Charles-Armand Klein
(extrait)

 

Pour la première fois en 1881, Maupassant se posait sur la côte, pas encore dénommée d’Azur. Il revenait d’Algérie, où le journal Le Gaulois l’avait envoyé enquêter sur la colonisation. Ce fut un court séjour ; il remonta à Paris et de là regagna sa Normandie natale. Il avait trente et un ans. Le coup de tonnerre de Boule de Suif venait de le rendre célèbre.

En 1882, sa mère, sujette à de graves crises nerveuses, l’appela auprès d’elle à Menton. Il accourut, y resta quelque temps, s’aventura dans l’arrière-pays, prit des notes et rédigea une nouvelle. Sa voie littéraire le destinait à écrire dans le genre court. Il y excellait, au rythme de trois contes ou chroniques par quinzaine. Seulement il lui fallait l’idée, la matière. Les villes de la côte allaient la lui fournir. Son style, net, simple et robuste, faisait le résultat définitif. Par le chemin de fer il voyagea jusqu’à Saint-Raphaël ; luxueusement logé au Grand Hôtel, il observait les gens, le pays, et la nature où les pins verts et les rochers rouges dominaient sous le ciel bleu. Et une chronique naissait, aussitôt expédiée à Paris. Maupassant s’appliquait son axiome : « Voir, tout est là. Voir juste non par les yeux des maîtres mais avec ses propres yeux. » Bon marcheur, il était aussi bon « regardeur».

Sur un petit vapeur qui partait régulièrement de Saint-Raphaël, l’un des premiers, il visita Saint-Tropez. Ici encore il observa l’activité de cette « petite cité guerrière et pêcheuse ». Elle nourrissait en poissons la plupart des villages de la côte. De Saint-Tropez il chemina jusqu’à Grimaud et dans le massif des Maures. La beauté mélancolique des lieux lui inspira aussitôt une nouvelle. Les lecteurs en étaient avides et les journaux de la capitale les payaient fort cher. En 250 lignes, Maupassant donnait plus à comprendre que bien des écrivains en 250 pages. Aussi en avait-il produit déjà des centaines, avant de se convertir au roman et plus tard au théâtre.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Var, sur les pas des écrivains(c) Alexandrines, février 2010.

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