Toulon Hugo

TOULON

Le Var de Victor Hugo : une terre de contraste
par Yves Stalloni
(extrait)

 

 

La visite au bagne de Toulon, est, pour les écrivains romantiques, une étape obligatoire. Surtout après la publication, en 1829, des Mémoires du célèbre François Vidocq, ancien forçat devenu chef de la police. C’est lui qui sert de modèle au redoutable Vautrin qui apparaît dans divers volumes de la Comédie humaine. Outre Balzac, Alexandre Dumas (qui tire de son passage à Toulon un petit roman, Gabriel Lambert), George Sand, Mérimée, viendront chercher en ces lieux quelques sensations fortes susceptibles de nourrir leur inspiration. Plus tard, les romanciers populaires tels Eugène Sue, Ponson du Terrail (La Résurrection de Rocambole) prolongeront la veine.

Hugo se devait donc de faire le détour par Toulon dont le bagne, qui ne sera fermé qu’en 1873, compte, au moment de son passage, environ 4300 détenus. L’occasion lui est donnée, de façon presque accidentelle, vers le début de l’automne 1839. Parti de Paris en compagnie de Juliette Drouet, le mauvais temps et les soucis de santé le conduisent à bifurquer vers la Suisse, la Savoie, pour rejoindre Lyon où, le 26 septembre au matin, il embarque pour le Sud. Trois jours plus tard, il est à Marseille, qu’il quitte à destination de Toulon le 1er octobre. Le séjour total en Provence durera, d’Avignon à Avignon, à peine une semaine et le temps consacré au Var se limitera à quatre jours. Cette incursion dans le Sud est assez fugitive mais suffisamment marquante pour que le poète déclare : « J’ai vu Arles, Avignon, Marseille, les Gorges d’Ollioules, Toulon, le ciel de Provence et la Méditerranée. Je vois les plus beaux pays du monde et je vous aime. »

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Var, sur les pas des écrivains(c) Alexandrines, février 2010.

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