Alexandre Dumas à Villers-Cotterêts

VILLERS-COTTERETS

L’oasis merveilleuse d’Alexandre Dumas
Par Claude SCHOPPP
(extrait)

« Je suis né à Villers-Cotterêts, petite ville du département de l’Aisne, située sur la route de Paris à Laon, à deux cents pas de la rue de la Noue, où mourut Demoustiers, à deux lieues de la Ferté-Milon, où naquit Racine, à sept lieues de Château-Thierry, où naquit La Fontaine.

Je suis né le 24 juillet 1802, rue de Lormet, dans une maison appartenant aujourd’hui à mon ami Cartier, qui voudra bien me la vendre un jour, pour que j’aille mourir dans la chambre où je suis né, et que je rentre dans la nuit de l’avenir, au même endroit d’où je suis sorti de la nuit du passé. »

Cette entrée dans Mes mémoires, précisément datée du lundi 18 octobre 1847 (A. Dumas a quarante-cinq ans et trois mois), précède le récit de l’enfance et de la jeunesse à Villers-Cotterêts cernée de forêts. « Il n’y a que les hommes qui sont nés dans un village ou une petite ville qui puissent se vanter d’avoir un pays […] Dieu qui a été si bon pour moi a voulu être prodigue jusqu’au bout: […] il m’a choisi, comme aux oiseaux créés pour chanter ses louanges, un nid dans la verdure et dans la mousse, sous les hauts et frais ombrages de la plus belle forêt de France. »

L’assez joli enfant dont les longs cheveux bouclés tombent sur les épaules, encadrant de grands yeux saphir, un petit nez bien fait, de grosses lèvres roses et sympathiques qui s’ouvrent sur des dents d’une blancheur éclatante et assez mal rangées, ne se définit encore que par son ascendance glorieuse. Il est le fils d’un héros républicain au sourire très doux, le général Dumas que Napoléon a expulsé de l’histoire. L’imaginaire de son fils sera son seul Panthéon: l’homme après l’enfant le vénérera d’un amour idolâtre: « N’était-il qu’un naïf étonnement pour sa structure herculéenne et pour sa force gigantesque […], une enfantine et orgueilleuse admiration pour son habit brodé, pour son aigrette tricolore et pour son grand sabre? »

[…]

Extrait de l’ouvrage : L’Aisne des écrivains (c) Alexandrines, avril 2016

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