Hyères-les-Palmiers Saint-John Perse

HYÈRES-LES-PALMIERS

Saint-John Perse en sa haute maison de mer
par Jean-Max Tixier

 

 

La presqu’île de Giens figure un navire de pierre amarré au continent, proue tournée vers le large. C’est là, à l’extrême pointe Sud de la Provence, que les hasards de la vie ont conduit Saint-John Perse pour un exil définitif. Le poète, né en 1887, sur l’îlet Saint-Léger-les-Feuilles, à quelques encablures de Pointe-à-Pitre, se veut Celte et homme d’Atlantique. Il est l’homme des grands espaces, de l’épopée d’Anabase, des amples laisses lyriques.

Comparée à l’océan, la Méditerranée n’est qu’une mer d’opérette. Il y fait des croisières, mais elle ne l’attire pas. Le Midi, pas davantage. Il n’y sent nulle part les grandes forces telluriques auxquelles s’accorde son verbe. N’est-il pas le poète de l’élémentaire qui vit au rythme de Gaia, la terre ?

Pourtant, en 1958, après dix-sept ans d’exil, passés principalement aux États-Unis, Saint-John Perse, de son vrai nom Alexis Leger, s’installe au lieu dit « La Polynésie », dans une villa de type colonial, « Les Vigneaux ». Il l’habitera jusqu’en 1970, date de sa mort.

Rétabli dans tous ses droits par le général de Gaulle, l’ancien secrétaire du Quai d’Orsay attendait d’avoir un toit pour rentrer en France. Après avoir prospecté toute la Côte – Saint-Aygulf, le cap Ferrat, Saint-Tropez, le Canadel, près du Lavandou –, la « Dame d’Amérique », Mina Curtiss, le lui a trouvé là. Il prétend que cette maison lui a été offerte par des « amis américains ». En vérité, il la doit à la générosité et au dévouement de cette femme de lettres, qui lui viendra plusieurs fois en aide. Il partagera désormais son temps entre sa résidence varoise et les USA, jusqu’en 1968, où son état de santé l’obligera à ne plus la quitter. C’est là une retraite idéale, où s’organise une vie réglée, en harmonie avec l’environnement auquel il s’adapte rapidement. Il aime la beauté sauvage du Var.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade dans le Var, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, février 2010.

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