Nantes Jules Vallès

NANTES

Le Nantes de Jules Vallès,
par Joël Barreau
(extrait)

 

 

Brillant journaliste politique, communard qui échappa de justesse au massacre lors de la « semaine sanglante », exilé à Londres, amnistié en 1880, auteur de la trilogie romanesque L’Enfant – Le Bachelier – L’Insurgé, où il se raconte, plus ou moins fidèlement, à travers l’autobiographie de son héros Jacques Vingtras, Jules Vallès, originaire de la Haute-Loire, comme ses parents et ses ancêtres, vécut à Nantes les années décisives du passage de l’enfance à l’adolescence. De ces années passées à Nantes, il a laissé de nombreux témoignages écrits dans L’Enfant et Le Bachelier, mais aussi dans ses Souvenirs d’un étudiant pauvre et dans plusieurs articles de journaux.

Jules Vallès arrive à Nantes en 1845 – il a alors quatorze ans – lorsque son père, après les collèges du Puy et de Saint-Étienne, est nommé professeur de grammaire en classe de sixième au collège royal de Nantes, l’ancêtre administratif de l’actuel lycée Clemenceau, car, en ce qui concerne les bâtiments, que Jules Vallès a fréquentés de la troisième à la classe de philosophie, aucun de ceux qu’il a connus n’a subsisté.

Après un parcours en diligence puis en train de Saint-Étienne à Orléans, la famille s’embarque dans l’un de ces bateaux à vapeur qui desservent les villes de la Loire entre Orléans et Nantes. Le moins qu’on puisse dire est que le premier contact avec Nantes ne correspond pas au rêve que le jeune Jules Vallès s’en était fait, celui d’un port de mer avec ses grands vaisseaux de guerre, ses officiers de marine, son phare et son canon d’alarme, ses tempêtes ! Quelle désillusion ! Si vaisseaux il y a, ce ne sont que des navires de commerce, de la batellerie et les bateaux à vapeur qui transportent passagers et marchandises entre Nantes et Orléans : « Toutes mes illusions sur l’Océan, envolées ; tous mes rêves de tempête tombés dans l’eau douce, car c’était de l’eau douce ! Point de vaisseaux avec des canons qui tendent la gueule ni d’officiers en chapeau de commandement ; point de salves d’artillerie ni de manœuvres de guerre ; pas de faces de corsaires ni de soutes aux poudres… J’eus une espérance : on me parla de têtes de mort entassées sur un trois-mâts : c’étaient des fromages de Hollande ! »

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Loire-Atlantique, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, février 2009

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