OLORON, LUPIAC Les mousquetaires

OLORON, LUPIAC

Les mousquetaires
par Claude Schopp
(extrait)

 

Mêlant histoire et fiction, imaginons, Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan, partant, après avoir conquis, flamberge au vent, l’univers entier, à la recherche de leur petit village, dont ils se languissent de revoir, tant d’années plus tard, fumer la cheminée. Certes, ce n’est ni à Alexandre Dumas, celui qui leur a conféré un statut de mythe, ni à Gatien de Courtilz de Sandras dont celui-ci s’est inspiré (Mémoires de M. D’Artagnan), qu’ils pourront demander leur chemin : l’un et l’autre ont omis de révéler où étaient nés ces héros appelés à devenir légendaires. Ils devront se tourner vers d’obstinés et estimables plongeurs érudits qui ont remonté à la surface d’étranges et charmants toponymes du Gers, demeurés jusque-là dans la plus grande discrétion : Athos, Sillège, Autevielle, sur le gave d’Oloron, Aramits en Barétous, Castelmore, près de Lupiac. À vrai dire, si l’on connaît les souffrances et la grandeur romanesques d’Athos, comte de La Fère, on sait peu de choses de la vie brève (vers 1615-21 décembre 1643) de celui qui l’a inspiré, Armand de Sillège d’Athos d’Autevielle, fils cadet d’Adrien de Sillège et neveu de M. de Tréville, capitaine lieutenant de la compagnie des Mousquetaires, dans laquelle il est reçu en 1640, peu avant de se faire embrocher en duel au sortir de la Foire Saint-Germain. On en sait à peine plus sur Henri d’Aramits : Dumas lui a uniquement emprunté le nom de son mousquetaire damné, qui, partagé entre le rouge et le noir, endosse, comme le Diable toutes les apparences (Mousquetaire, abbé d’Herblay, évêque de Vannes, général des jésuites, ambassadeur d’Espagne près de Louis XIV). Sans doute originaire d’Aramits en Barétous, descendant d’une famille protestante convertie et d’un père maréchal des logis dans la compagnie des mousquetaires, ce cousin d’Athos entre, la même année que celui-ci, dans la même compagnie ; abbé laïc de l’abbaye de son village natal, le « château de L’Abadie », il serait mort vers 1674, laissant deux fils et deux filles que lui a donnés Jeanne de Béarn-Bonnasse. On ne s’attardera pas sur Isaac de Portau, mieux connu sous le patronyme de Porthos, car il n’est pas né du Gers, mais à Pau où il a été baptisé le 2 février 1617 ; « le plus gros, le plus grand et le plus bête des quatre mousquetaires » est avant tout un cœur, dont Dumas déplore la disparition : « Un gros chagrin. Porthos est mort. Je viens de le tuer. Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer sur lui. Pauvre Porthos ! » dit-il à son fils qui lui demandait d’où lui venaient ses larmes.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2011

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