Châteaubriant à Piriac-sur-Mer

PIRIAC-SUR-MER

Châteaubriant, le chant des marais,
par Thierry Glon
(extrait)

« Où aller en septembre ? En Brière, le pays mystérieux et pittoresque décrit par A. de Châteaubriant, dans son roman désormais célèbre » : en 1923, on pouvait lire dans les journaux cet encart publicitaire, petite trace d’un immense succès.

Alphonse de Brebendec Châteaubriant est né à Rennes en 1877 et il est mort exilé en Autriche en 1951. à l’âge de 25 ans, ce fils de propriétaires aisés et cultivés adopta la stratégie des jeunes Français qui souhaitent se lancer dans la carrière des lettres : il est monté à Paris pour fréquenter les salons littéraires (il s’y est lié avec Romain Rolland auquel il est resté fidèle pendant toute sa vie). Le succès est arrivé lorsqu’il obtint le prix Goncourt en 1911 avec Monsieur des Lourdines : ce roman avait pour plaire à la fois l’esthétique réaliste et le cadre provincial si populaire pendant la première moitié du xxe siècle. On y repère aussi la hantise du déclin qui caractérise toute la pensée d’Alphonse de Châteaubriant : un jeune étourdi breton égaré dans la ville (lieu conventionnel de perdition) mène à la ruine la propriété nobiliaire de ses ancêtres. Ce sentiment de déchéance et ce pessimisme de l’écrivain ne s’arrangèrent pas avec l’épreuve de la Première Guerre mondiale, et ils se lisent dans La Brière, presque achevée avant son départ au front mais dont le manuscrit fut égaré. L’auteur dut le reprendre entièrement, et peut-être les souffrances militaires l’ont-elles infléchi vers l’amertume. Publiée seulement en 1923, lorsqu’il atteignait ses 46 ans, La Brière connut un triomphe mérité qui consacra Châteaubriant comme un immense écrivain régionaliste. Ce roman reçut le grand prix de l’Académie française.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Loire-Atlantique, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, février 2009

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