La chanson de la croisade albigeoise

Toulouse

La Chanson de la croisade albigeoise. Une épopée du drame cathare,
par Michel Zink

La croisade albigeoise n’a guère favorisé la poésie. Telle n’était pas son intention. Dans les régions qu’elle a ravagées, l’élan des troubadours en a été brisé. Chroniques latines reflétant le point de vue des envahisseurs, littérature apologétique ou missionnaire dirigée contre l’hérésie, registres de l’Inquisition n’ont rien de poétique. Et pourtant cette sombre épopée a inspiré un grand poème en langue d’oc de près de 10.000 vers, connu sous le nom de Chanson de la croisade albigeoise.

Faut-il rappeler les faits ? La croisade lancée au début de 1208 contre l’hérésie cathare par le pape Innocent III, l’excommunication du comte de Toulouse Raymond VI, l’assassinat à Saint-Gilles du Gard du légat pontifical qui venait de recevoir à Toulouse l’amende honorable du comte, l’armée croisée rassemblée dans la vallée du Rhône sous le commandement du nouveau légat, l’abbé de Cîteaux Arnaud Amauri, et que Raymond VI rejoint dans le vain espoir de détourner de son comté l’orage qui le menace, la prise de Béziers et le massacre de sa population entière le 22 juillet 1209, la prise de Carcassonne dont le jeune vicomte Raymond Roger Trencavel meurt prisonnier dans son propre château, le commandement militaire de la croisade confié au comte de Leicester, Simon de Montfort, tandis qu’Arnaud Amauri monte sur le siège archiépiscopal de Narbonne, les immenses bûchers, les pendaisons, les atrocités lors de la prise par les croisés de Bram, de Minerve, de Lavaur, le roi Pierre II d’Aragon, appelé à la rescousse par son beau-frère Raymond VI, vaincu et tué à Muret en septembre 1213, la dépossession de Raymond VI par le quatrième concile de Latran en 1215, la reconquête entreprise en 1216 par son fils, le jeune comte Raymond VII, et son premier succès à Beaucaire, le siège mis en vain devant Toulouse en 1217 par Simon de Montfort, qui y trouve la mort, le 25 juin 1218, tué d’une pierre tirée depuis les remparts par une machine que servaient les dames de la ville, la prise de Marmande, dont les habitants sont massacrés, par le fils du roi de France Philippe-Auguste, le futur Louis VIII, qui assiège à son tour en vain Toulouse l’année suivante.

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Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2011

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