Balade dans le Var, sur les pas des écrivains...
« Il y a des coins de terre si beaux qu’on voudrait les presser sur son cœur » confesse Paul Bourget, résumant ainsi l’attachement particulier des hommes et femmes de Lettres à cette terre varoise où « rien que de respirer est un enivrement ». Nombreux sont les écrivains - globe-trotters, hivernants, estivants ou résidents - qui s’y sont baladés, enivrés, et l’ont chanté avec délice.
De Jean Cocteau à Colette, de Saint-John Perse à Jean Paulhan, de Gide à Aragon, de Françoise Sagan à Benoîte Groult et Anne Philipe, tous ont vécu le Var comme un enchantement. « Ici promenades faciles et magnifiques. Roses rouges et jaunes. Menthe sauvage. Lavandes, papillons. Tout bourdonne et embaume » se délecte Cocteau dans une des Lettres à sa mère, déplorant même que l’on ne puisse transporter Paris à cette place...
Séduite par la région « ces flammes, ces résines fondues, cet azur, le mistral, le sirocco, tous les souffles du ciel... », Colette décide de s’installer à Saint-Tropez, la patrie des beaux pêcheurs. « Une maison rose, une vigne et les arbres fruitiers, la mer en bas du jardin, de l’ail et de la tomate, - qu’en penses-tu ? » écrit-elle à son amie Hélène Picard. Son choix se portera sur la « Treille Muscate » qu’elle habitera de 1926 à 1939.
En 1922, André Gide venu rejoindre Roger Martin du Gard et sa femme à Porquerolles retrouve son émerveillement d’enfant. Entre deux lectures, il « parcourt l’île en caleçon de bain, piquant du nez dans toutes les criques, courant parmi les micocouliers et les magnolias, se roulant dans le sable », et revient déjeuner « avec des éponges dans les oreilles, une barbe de varech et des coquillages au cul, comme un dieu marin qui s’est colleté avec Amphitrite » (Lettre à Louis Jouvet). À La Bastide Franco, près de La Celle, Elisabeth Van Rysselberghe et leur petite fille, Catherine, née en 1923, habitent la plus belle demeure qui soit. Une demeure provençale, qui sent l’encaustique, la bergamote et les confitures, avec un jardin de roses, de campanules, de gueules de loup et d’œillets de poète...
Dans son Journal, Gide qui découvre les joies de la paternité consigne les bons mots de l’enfant : « Il y a les groseilles et les petites eilles. » « Tu sais ce que le coq aime le mieux ? C’est de s’asseoir sur les poules ? » ...
Avec eux, Maupassant, Alphonse Karr, Jean Aicard, Paul Bourget, Scott et Zelda Fitzgerald, Saint-Exupéry, Serge Rezvani... nous sont racontés par leur meilleur biographe.
Balade dans le Var dirigée par Martine Sagaert, de l’université du Sud-Toulon, et préfacée par Jacques Serena, doit paraître en février 2010.
[312 pages ; 80 ill. ; PPTTC : 22 €. 15,50€ en souscription jusqu’au 20 janvier 2009]
Lire la suite