Morvan Lebesque à Nantes

NANTES

Morvan Lebesque, converti à la Bretagne,
par Erwan Chartier
(extrait)

Maurice Lebesque naît à Nantes, en 1911, dans une famille modeste. Son père est un petit commerçant ambulant, sa mère une « fille de l’assistance ». Élève brillant, il rentre en classe de neuvième au prestigieux lycée Clemenceau qui forme les élites de la cité des ducs. Il y côtoie d’ailleurs un certain Louis Poirier, qui deviendra plus tard Julien Gracq. Confronté à la morgue de certains professeurs et au mépris d’élèves issus de la haute bourgeoisie, le jeune Lebesque développe un profond sens de l’injustice qui le pousse à s’inscrire aux Jeunesses républicaines à 14 ans. Mais, déjà, sous Maurice perce Morvan et l’adolescent se découvre une passion pour la Bretagne. La chose n’avait pourtant rien d’évident au premier abord, tant ce pays se résumait alors pour lui aux immigrants venus de Basse Bretagne travailler dans les usines nantaises. « Les Bretons, je les connaissais, écrit-il dans Comment peut-on être breton ? C’était des êtres crasseux, superstitieux, comiques, bref étrangers, logés à l’extrémité de la ville, dans le faubourg Sainte-Anne. » Sa « conversion » à la Bretagne a lieu au musée Dobrée, un bâtiment néogothique où est visible, en breton, l’inscription An Dianav a rog ac’hanoun, « l’inconnu me dévore ».

« Ce fut un déclic, explique-t-il. En un éclair, ces quelques mots que personne ne lisait, que pas un Nantais sur mille n’était capable de traduire, m’ouvrirent un monde : ainsi l’idéogramme apparaît à Galaad, et le château noyé surgit des sortilèges. » Le jeune lycéen se met alors à dévorer les livres d’histoire ou sur la matière de Bretagne puis rejoint, en 1928, le tout nouveau Parti autonomiste breton (PAB). Il s’y investit et se voit chargé de structurer le mouvement au niveau départemental. Au début de 1930, il participe à diverses réunions publiques dans le pays nantais, où il peut faire jouer ses talents d’orateur.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Loire-Atlantique, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, février 2009

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