Jules Sandeau à Aubusson

AUBUSSON

Jules Sandeau, le premier romancier académicien,
par Brigitte Rastoueix-Guinot
(extrait)

Jules Sandeau est un paradoxe ! Ses contemporains l’avaient jugé digne d’être le premier romancier à siéger à l’Académie française. Il fut un des premiers grands amours de George Sand, une des grandes passions de la comédienne Marie Dorval, et Honoré de Balzac s’assura un moment sa collaboration.

Pourtant, il n’a pas vraiment su pactiser avec la postérité. Qui lit encore Jules Sandeau ?

C’est vrai qu’en apparence il semble n’offrir un intérêt que pour l’histoire régionale. Habitant non loin de la maison natale de Sandeau, j’ai cependant souhaité mieux le connaître. Il m’est ainsi apparu que cet oubli est quelque peu injuste, car son œuvre n’est pas dénuée de séduction.

Au fil de mes lectures, j’ai pu me rendre compte qu’il avait su nous offrir une peinture saisissante de cette période de mutation qu’est le xixe siècle, de cette époque agitée de luttes sociales ayant du mal à se remettre du grand ébranlement de 1789.

Sandeau nous livre des analyses justes et pénétrantes, il possède un puissant don d’observation et un sens de la caricature qu’il tient de son expérience d’homme de théâtre. Son œuvre manque parfois d’ampleur, mais il a tout de même tendu un miroir à son siècle en saisissant ses incertitudes, ses travers, ses espérances et ses nostalgies.

Il a certes toujours voulu être au goût du jour. Ce n’est pas un visionnaire, un subversif. Pourtant George Sand lui doit beaucoup. Elle lui doit avant tout son nom, le courage de son émancipation et le désir d’affirmer ses talents d’écrivain. Sans Sandeau, il n’y aurait peut-être pas eu George Sand.
[…]

Extrait de l’ouvrage : Balade en Limousin, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2009

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