Martin Nadaud à Bourganeuf

BOURGANEUF

Martin Nadaud, le premier qui ait su signer son nom,
par Jean-Guy Soumy
(extrait)

Franchissons les limites d’un triangle de verdure et d’eau, de sous-bois à champignons et de vieilles pierres sculptées par le temps. Tout près de Pontarion, dans la Creuse. Ici, trois sommets enserrent et contiennent la force d’un destin hors du commun, celui de Martin Nadaud. Ce sont la maison de La Martinèche, le Puy Maria et le cimetière de Soubrebost. Au centre de cet espace triangulé est né un homme à la vie consacrée aux luttes politiques, à l’émancipation des autres, à la sienne propre. Une existence tournée vers l’approche de mystères initiatiques et vouée aussi au tissage de ses parts d’ombre, à la construction de ses silences. Une vie d’homme accomplie, en somme.

Comment ne pas voir dans sa demeure de notable, à La Martinèche, l’aveu d’une réussite ? Ce genre de propriété est ici la signature d’une existence qui s’est en général édifiée ailleurs, sur d’autres chantiers, d’autres théâtres que ceux que pouvait offrir une Creuse ensauvagée. Martin Nadaud, en choisissant de revenir au village de son enfance, d’y marquer dans la pierre son passage sur terre, nous rappelle qu’il s’inscrit dans une continuité. Il est à la fois l’homme qui possède une maison de famille. Et le migrant aux semelles de vent, passager de l’exil, voyageur au long cours. Le fait qu’aujourd’hui sont engagés la restauration de sa maison et l’établissement d’un musée à La Martinèche n’est donc pas un hasard. S’il y avait un lieu où rendre compte du destin hors du commun de cet homme, c’était bien celui-là.

[…]

Extrait de l’ouvrage : Balade en Limousin, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2009

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