Pierre Loti à Bretenoux

BRETENOUX

Pierre Loti, escales dans le Quercy
par Michel Vaugeois
(extrait)

Julien Viaud est né à Rochefort le 14 janvier 1850. Officier de marine tenu au devoir de réserve il avait publié auparavant, sans nom d’auteur, Aziyadé et Le mariage de Loti. Son pseudonyme « Pierre Loti » n’apparaîtra qu’en septembre 1881, lors de la parution de son troisième ouvrage Le roman d’un Spahi.

Son enfance fut protégée, au milieu d’un foyer où vivaient, avec ses parents, sa sœur, Marie, de dix-neuf ans son aînée, son frère, adolescent, Gustave, qui quelques années plus tard embarqua vers la Polynésie comme médecin officier de marine militaire, ses deux grands-mères et trois tantes.

Promu capitaine de vaisseau en 1906, il passa sa vie d’escale en escale, alors qu’au cours de son enfance choyée il n’avait connu que la campagne verdoyante de l’Aunis et la mer, le plus souvent sur les plages de l’île d’Oléron, toute proche, berceau de sa famille maternelle. Ce fut sa première découverte : « Nous restâmes un moment l’un devant l’autre, moi fasciné par elle. Dès cette première entrevue, sans doute, j’avais l’insaisissable pressentiment qu’elle finirait un jour par me prendre… malgré toutes les volontés qui essayeraient de me retenir. »

C’est en 1861, dans le Lot, qu’il fit sa première grande escale, qu’il appela son « Premier grand voyage », pour se rendre, le temps des vacances, auprès d’un cousin de son père, qu’il appelle « l’Oncle du Midi » : ils prirent, sa sœur et lui, le train à Bordeaux pour atteindre Brive le soir, avant de poursuivre le lendemain leur périple en calèche, et arriver, cinq heures plus tard à bon port. « Ces cinq heures pendant lesquelles tout fut un enchantement pour moi… ». Cette première escale était bien loin de la mer. Ce fut Bretenoux, vieille bastide du Sud-Ouest, dominée par le château médiéval de Castelnau. Cette première escale se renouvela trois fois au cours des années suivantes.

Ces séjours marquèrent profondément la vie de l’enfant. A Bretenoux, il se lia, pour la première fois à des camarades de son âge et connut la liberté : « Par opposition avec mon passé calfeutré je vivais ici complètement dehors, dans les chemins, sur les portes, dans les rues… Nous partions tous les quatre le matin pour des expéditions mystérieuses, pour des dînettes dans les vignes éloignées ou des chasses aux papillons… et après la surveillance à laquelle j’avais été habitué jusque-là, une liberté pareille devenait un changement délicieux… ».

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2011.

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