Françoise Chandernagor dans la vallée de la Petite Creuse

VALLEE DE LA PETITE CREUSE

Françoise Chandernagor,
la Creuse à la vie à la mort,
par Robert Guinot
(extrait)

10 mai 1981 : François Mitterrand est élu président de la République française. Son vieil ami de Saint-Silvain-Bellegarde, Jean Védrine, ne peut cacher son émotion en évoquant les séjours que Mitterrand a effectués dans son village de la Combraille depuis le mois de février 1943. Chez d’autres Creusois, les Chandernagor, c’est le même bonheur. André, député socialiste d’Aubusson, président du Conseil général et de la Région Limousin, figure de proue de la gauche limousine, deviendra sous l’ère Mitterrand ministre puis premier président de la Cour des comptes. Sa fille, Françoise, mère de trois jeunes enfants, publie en septembre 1981 L’Allée du Roi, un livre éblouissant, Mémoires imaginaires de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon. L’écrivain y marie, dans la langue du xviie siècle, l’histoire et la vie de la seconde épouse de Louis XIV. Ce roman reste cinquante-six semaines sur la liste des meilleures ventes et devient un best-seller (600 000 exemplaires en grand format, des millions d’autres dans les clubs). Il est traduit en une quinzaine de langues et inspirera plus tard un film à Nina Companeez. L’année 1981 prend ainsi une dimension particulière à Paris mais aussi dans la Creuse.

À l’époque, encore jeune journaliste, je côtoie régulièrement André Chandernagor, personnalité politique essentielle d’un Limousin ancré, comme au temps du républicain Martin Nadaud, à gauche. Françoise, elle, comme les migrants limousins, se partage entre le nord de la Creuse et Paris où elle travaille comme maître des requêtes au Conseil d’État. Je vais peu à peu la découvrir. C’est une surdouée.

[…]

Extrait de l’ouvrage : Balade en Limousin, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2009

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