Grasse Bounine

Ivan Alexeevitch Bounine, un russe à Grasse (1870-1953)

par Tatiana Marchenko

 

« Je le croisais durant les dernières années de sa vie, au Café de France, boulevard Gambetta où il passait ses journées, toujours seul », nous confiait Alex Benvenuto. Je le voyais le matin, en passant pour aller à l’école et le revoyais encore l’après-midi en en revenant ».

« Né le 22 octobre 1870 à Voronej, lauréat du prix Pouchkine de littérature, académicien d’honneur, Bounine a quitté la Russie à la suite de la révolution bolchévique et vit en France depuis 1920 », voici ce qu’écrivaient de nombreux journaux lorsque, en novembre 1933, le prix Nobel de littérature fut décerné au premier écrivain russe en émigration, Ivan A. Bounine, presque inconnu du lecteur français.

Sa vie se partage entre deux nations : la Russie, où il est né, a grandi, et a connu la célébrité, mais pas la gloire et envers qui son refus de la révolution bolchevique où il ne voit que sang, haine, violence, et autodestruction, fut catégorique, Russie qu’il quitta à jamais en 1919, à bord d’un bateau français évacuant les rescapés de l’Armée Blanche défaite ; et la France, dans laquelle il se fixe en cette deuxième période de sa vie, et où la gloire lui sourit enfin.

Ivan Bounine s’était d’abord installé à Paris, mais il cherche vite à fuir le bruit et la foule de la capitale. Il loue avec sa troisième épouse, Véra Muromtseva-Bounina, la villa Mont Fleuri « …au-dessus de Grasse, dans un grand jardin où poussent palmiers, oliviers, résineux, cerisiers, figuiers, etc. ». Puis ce sera Le Belvédère, où arriva la nouvelle du prix Nobel, et enfin, la villa Jeannette. C’est à Grasse qu’ont été conçues ses œuvres les plus significatives, chefs-d’œuvre de la littérature russe : Un amour de Mitia, La Vie d’Arseniev, Les Allées sombres

 

Extrait de l’ouvrage : Balade à Nice, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, avril 2012

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