Mary-Lafon à Lafrançaise

LAFRANÇAISE

Mary-Lafon, le premier historien du Midi,
par Jean-Paul Damaggio
(extrait)

En 1810 à Lafrançaise, Jean-Bernard Marie Lafon est né du décès de sa mère, événement marquant de sa vie qui oblige sa grand-mère paternelle, une femme qui entretenait une correspondance avec Rousseau, à être son premier professeur !

Vingt ans après, au milieu des tumultes de la Révolution de 1830, il devient, à Paris, Mary-Lafon, l’homme sans prénom à l’écrit, et avec un prénom féminin à l’oral, ainsi, quand on l’annonçait dans les salons, il adorait lire la surprise sur les visages, lors de son apparition !

Est-ce, des hauteurs de Lafrançaise, l’extraordinaire panorama qui se présentait à ses yeux d’enfant qui lui insuffla les raisons d’étudier tout son beau midi ? Il écrit dans son autobiographie littéraire : « Il est impossible de trouver un site plus pittoresque et un plus magnifique point de vue. Des fenêtres de la maison paternelle, séparée de la ville par un grand jardin, on découvrait une plaine immense bornée seulement par les Pyrénées, dont on voit, par temps clair, briller, à trois cents kilomètres de distance, les arêtes d’argent. C’est dans cette demeure, ombragée d’arbres séculaires, que s’écoulèrent, comme les flots d’un ruisseau perdu au milieu des bois, les quinze premières années de ma vie. »

La langue d’oc lui ouvre toutes les portes. Aujourd’hui encore, quand son œuvre suscite quelques études et débats, nous les devons à des occitanistes qui ne peuvent faire l’impasse sur l’apport de ce chercheur infatigable, le premier historien du midi de la France, le sauveur de tant de manuscrits de troubadours. Pour mettre les œuvres littéraires de langue d’oc à la portée de la population française, il se lance dans de nombreuses traductions : la célèbre Croisade  contre les Albigeois ; Le roman de Gérard de Roussillon, La Dame de Bourbon qu’il attribue à Marcabru ; le Roman de Jaufré

On a là un des paradoxes de cet homme : il défendit toute sa vie la langue d’oc mais ne publia jamais une seule ligne en cette langue si ce n’est pour citer des écrivains.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2011.

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