Amans-Alexis Monteil à Rodez

RODEZ

Amans-Alexis Monteil, père de l’Histoire moderne
par Robert Taussat
(extrait)

Sixième et dernier enfant de l’avocat Jean-Baptiste Monteil, trésorier du chapitre de la cathédrale de Rodez, Amans-Alexis vint au monde dans la capitale du Rouergue le 7 juin 1769 dans la maison qui porte actuellement le numéro 21 de la rue Neuve. Son enfance, qu’il décrivit dans Mes Éphémérides, s’épanouit entre des parents qu’il vénérait et ses cinq frères et sœurs aînés. Entre 1769 et 1774, la famille résida dans la maison capitulaire, place Adrien Rozier, en face du portail sud de la cathédrale ; quand Jean-Baptiste fut nommé receveur des décimes, les Monteil revinrent habiter dans la maison de la rue Neuve, apportée en dot par Marie Mazet, son épouse.

Le jeune Amans s’enrôla en 1786 dans un régiment royal d’infanterie sans prévenir sa famille. L’intervention du receveur Jean-François Cabrières, qui prévint assez tôt Jean-Baptiste, réduisit à néant ces velléités d’engagement mais cette péripétie produisit une singulière mutation psychologique chez le jeune homme qui manifesta soudain pour le travail intellectuel un goût aussi vif qu’avait été jusqu’alors son aversion. Reçu avocat à Toulouse un an et demi plus tard, il atteignait sa vingtième année quand les premières convulsions révolutionnaires modifièrent profondément les projets qu’il avait conçus. Son père, privé d’emploi par la suppression des chapitres et par l’abolition des charges, dut vendre une partie de ses biens avant d’être décrété d’aristocratie et incarcéré. À cette même époque, Amans-Alexis fut nommé secrétaire du district et envoyé à Aubin, l’une des neuf circonscriptions fondées en 1790. Il conserva cet emploi jusqu’en 1796.

En 1795, Amans-Alexis fut choisi parmi quelques autres candidats pour occuper la chaire d’histoire à l’École centrale. Dès ses premières leçons, il se révéla non seulement un pédagogue exceptionnel mais aussi un initiateur susceptible d’imaginer de profondes réformes éducatives insistant, bien avant Jules Ferry, sur la nécessité d’une école obligatoire et gratuite.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2011.

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