Maxence Van der Meersch au Touquet

LE TOUQUET

La maison dans la dune
par Térèse Bonte
(extrait)

À l’angle de l’avenue qui porte son nom et de l’allée du chèvrefeuille, la grande bâtisse s’appelle désormais « Sand Hill ». Sur l’un des murs, invisible de la route, une plaque de marbre se souvient : « En cette “Maison dans la Dune”, M. Van der Meersch est mort le 14 Janvier 1951 après une vie consacrée à la recherche du vrai. »

Van der Meersch quitte Roubaix et le Nord en 1947. Il a 40 ans. Sa santé fragilisée par la guerre et les privations, s’est nettement détériorée depuis un an. La mort de son père, à l’automne 1946, l’a profondément atteint et les problèmes de succession, la transformation de l’entreprise familiale l’ont déprimé. Ce malade qui n’avoua jamais la nature de son mal est désormais sujet à des hémoptysies quasi quotidiennes. Il lui faut changer d’air.

Tous les amis se mettent en quête d’un havre de paix : Vendôme, les marais de la Somme, les environs de Lyon ou le pays nantais. Et brusquement, seul, Maxence prend une décision : ses reposoirs furent toujours paysages de silice et de pins tordus par le vent, le plus souvent au Mont-Noir, dans les Flandres. Les heures de réflexion, de dialogue avec soi-même réclament, exigent cet environnement. Correspondance, à la manière baudelairienne, ou intuition géniale d’une sorte de panthéisme ? Face à soi-même, face au destin, il lui faut retrouver cette « empreinte des lieux ». Les Monts de Flandre sont trop proches ; il loue sur la côte d’Opale une de ces villas pour vacanciers, inhabitables l’hiver, minuscules et inconfortables, mais où l’on peut passer l’été, quand plage et forêt occupent les deux tiers du temps. Le 7 Juin 1947, la famille Van der Meersch – Maxence et Thérèze, Sarah leur fille et Valère, enfant adopté – quittent le quai des Alliés pour toujours.

En style télégraphique, l’écrivain signale son changement d’adresse à son éditeur : « Villa Ma Mie (Madame Fleury) Cucq-Trépied, entre Berck-Plage et le Touquet. » et il ajoute : « Ça tournait mal. Réfugié ici dans un bois de pins, à 5 km de la mer. Seul comme un ours. Une amélioration. » (10 Juin 1947)

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Pas-de-Calais, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mai 2006

2 Commentaires sur “Maxence Van der Meersch au Touquet

  1. Argo says:

    Un écrivain talentueux que la maladie a fauché dans la fleur de l’âge ; l’empêchant a jamais de poursuivre une brillante carrière

  2. Clicque says:

    L’homme est tellement grand qu’il est difficile d’en parler. Une œuvre immense écrite en si peu d’années qu’il faudrait que les jeunes lisent absolument, même si les temps ont bien changé … Thérèse Bonte nous a quittés également , qui a écrit une belle biographie de VDM.

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