Nice Gallo

Max Gallo et le 42 route de Turin

par Véronique Thuin-Chaudron

 

Certains lieux apparaissent chargés de sens dans la vie de Max Gallo : le 42 de « la Route de Turin » en est un. C’est l’adresse de l’immeuble où est né son père, Joseph, fils de Louis, un journalier immigré italien, et de son épouse Marguerite, domestique. La rue a ensuite changé d’appellation pour devenir la rue de la République, effectuant le parcours symbolique du Piémont des origines à la France de l’accueil. C’est dans ce même immeuble que naît, trente neuf ans plus tard, le 7 janvier 1932, Max, le fils de Louis et de Mafalda née Galeotti, originaire d’Émilie Romagne en Italie. Si on présente souvent Max Gallo comme issu d’une famille d’immigrés italiens, il n’en est pas moins niçois, fils d’un Niçois qui parle nissart. Son père est ouvrier électricien et a travaillé dans les hôtels de la promenade des Anglais.

Max grandit à Nice, fréquente l’école Notre Dame, commence une 6e au Lycée Masséna puis étudie au Collège technique du Lycée du Parc Impérial. Ses souvenirs d’enfance ont pour décor les quartiers du port où il pêche avec les trémolines, de Riquier, de la place Garibaldi où il fait des tours de barque dans le bassin, de « l’Avenue » (l’avenue de la Victoire, aujourd’hui « Jean Médecin »). Après la guerre, la famille habite au-dessus de la Banque Commerciale Italienne dont son père était l’électricien attitré.

Le vécu de l’enfant pendant la période de la guerre va être à l’origine de sa passion pour l’histoire : il découvre horrifié les résistants Torrin et Grassi pendus aux réverbères à quelques centaines de mètres de chez lui ; il observe du toit de son immeuble les avions anglais qui bombardent le port. « J’étais dans le quartier. J’ai tout vu », raconte-t-il. « Je pense que la guerre est le souvenir le plus fort de ma vie. Si je n’avais pas vécu cette époque, je ne me serais très certainement jamais intéressé à l’Histoire ». L’appartement du grand-père a par deux fois été touché par les bombardements. À la Libération, il est un des premiers à pénétrer au siège de la Milice, rue Dalpozzo ; il monte à l’arrière d’une jeep, entouré de soldats et de FFI. La formation qu’il suit est pourtant dans un premier temps bien éloignée de l’histoire. Après avoir obtenu un CAP de mécanicien ajusteur et un Bac technique, il travaille d’abord pour un émetteur de radio de la RTF près d’Antibes…

Extrait de l’ouvrage : Balade à Nice, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, avril 2012

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