Nice Karr

Alphonse Karr, le poète jardinier

par Martine Arrigo-Schwartz

 

 

Alphonse Karr*, la méchante langue, fut le précurseur du « Tout-Paris » qui venait admirer Nice à la Belle Époque.

Si le père, Heinrich Karpinski, était un pianiste bavarois, le fils se révèle un journaliste très parisien sous Louis-Philippe. Ses chroniques du Figaro assurant sa réputation, il crée et dirige de 1839 à 1876, un journal mensuel satirique à succès, Les Guêpes.

Boulevardier-type fréquentant théâtres, cafés et journaux à Paris, sa plume légère et facile égratigne les milieux politiques, littéraires et artistiques en vogue. En 1848, ce polémiste de centre-droit défend Cavaignac contre Louis-Napoléon ; aussi après le Coup d’État du 2 décembre, se sentant menacé, s’exile-t-il à Gênes, puis à Nice encore sous dépendance de la Maison de Savoie. La Gazette de Nice, journal cavourien, lui ouvre ses colonnes et il collabore au Passe-Partout, journal satirique local.

Lorsqu’il arrivait, vêtu de velours noir de la tête aux pieds, cet original évoquait, selon Alain Decaux, « les médecins de Molière et l’Enchanteur Merlin ». La comtesse Zoé de Sauteiron, alias Léon Sarty, écrivait dans Nice d’Antan, que « parler de Nice et ne pas parler de Karr serait une faute impardonnable ». Elle le peint comme un « jeune faune » dans sa jeunesse, et comme « le génie de la montagne des contes allemands » dans sa vieillesse. Pour le professeur Jean Onimus c’est un « personnage insaisissable et contradictoire, menant une vie scandée d’aventures galantes et de scandales littéraires, romancier très abondant, dramaturge emphatique et creux, bref un de ces polygraphes de second ordre, amuseur public ; un homme léger qui avait une passion : le jardinage. » …

Extrait de l’ouvrage : Balade à Nice, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, avril 2012

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