André Breton à Saint-Cirq-Lapopie

SAINT-CIRQ-LAPOPIE
André Breton, habiter en poète,
par Dominique Rabourdin
Je cherche l’or du temps
(extrait)

 

Cette phrase de son Introduction au discours sur le peu de réalité placée par André Breton au dos d’une de ses photographies a été gravée sur sa tombe. Toute sa vie s’inscrit en effet dans cette quête ininterrompue d’événements, de rencontres, d’hommes et de femmes qu’il a aimés et de lieux souvent indissolublement liés à ces rencontres.

En 1948, il s’engage aux côtés de Robert Sarrazac, ancien résistant originaire du Lot, un des fondateurs du mouvement « Citoyens du Monde », et prend la parole le 30 avril à Paris lors de la première réunion publique du mouvement pacifiste et révolutionnaire issu de la résistance, Front humain. À l’écart des doctrines et des partis constitués, Front Humain va soutenir l’homme qui, en déchirant son passeport devant le siège de l’O.N.U. au Palais de Chaillot, s’est affirmé « Citoyen du monde », Garry Davis. Dans le contexte de la guerre froide, l’activité de Garry Davis en faveur d’un gouvernement mondial, soutenue, entre autres intellectuels non-communistes par Albert Camus, André Gide, Emmanuel Mounier et Jean Paulhan, semble ouvrir une voie à l’humanité tout entière et constitue un véritable « appel d’air ». En février 1949, les surréalistes publieront un appel collectif à leur « cher concitoyen ». Le 20 juillet, à l’initiative de Sarrazac, qui compte parmi ses amis des personnalités du Lot, Cahors est la première ville à signer « la Charte de Mondialisation ».

Les 24 et 25 juin 1950, pour le premier anniversaire de « Citoyens du monde », Breton participe aux « Journées mondiales de la mondialisation » à Cahors. Cinq mille personnes se réunissent au Pont Valentré devant la borne de la future « route mondiale sans frontière ». Des feux de la Saint-Jean sont allumés sur les collines. Breton n’oubliera jamais cette première nuit de l’été et la promenade nocturne qui lui fera découvrir, à une trentaine de kilomètres en suivant la « route mondiale », le petit village médiéval de Saint-Cirq-Lapopie embrasé de rouge, associé pour toujours à cette nuit d’euphorie fraternelle à la hauteur de son espoir inlassablement affirmé de « changer radicalement l’entendement humain ».

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2011.

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