Saint-Rémi-de-Provence Mauron

SAINT-RÉMY-DE-PROVENCE

Marie Mauron, Marie de Provence

par Marie-Nicole Le Noël et Jean-Marc Courbet

 

« On est toujours de son pays » : ainsi Marie Mauron commençait-elle l’entretien accordé à la télévision suisse romande en 1968,  et elle poursuivait : « On peut élargir les débats et les visions, mais on est toujours de son pays, c’est ce que j’appelle le bon régionalisme. »

Marie voit le jour à Saint-Rémy-de-Provence, le 5 avril 1896, un dimanche de Pâques. Ses parents la prénomment Marie-Antoinette. Son père, Maxime Roumanille, surnommé Simon de Beausoleil, est paysan ; sa mère Jeanne est d’une famille de carriers comme il s’en trouve beaucoup dans ce pays rocailleux des Alpilles. Les Roumanille sont une vieille famille de Saint-Rémy. Joseph Roumanille, un lointain cousin, ami de Frédéric Mistral fut co-fondateur du Félibrige en 1854. Il était un conteur réputé, talent dont Marie hérita. La vie simple et rude des gens de la terre fut le fondement de sa vie comme celui de son œuvre.

En 1913, on célébre le cinquantième anniversaire de l’opéra Mireille. On le joue dans le lieu dit « Vallon Saint-Clair », où Gounod aimait se promener lors de son séjour à Saint-Rémy. Marie qui, a 17 ans, assiste à la fête que préside Frédéric Mistral. Là, nous raconte-t-elle, le Maître de Maillane dit : « Fasès vosto rego darrié iéu, iéu que siéu à la fin. Mai fasès la que more tranquille,… que sache que i’a uno relèvo pèr lou mantèn de la lengo, de la terro… » (Faites votre sillon à ma suite, moi qui suis à la fin. Mais faites-là de telle sorte que je meure tranquille … que je sache qu’il y a une relève pour le maintien de la langue, de la terre …). Marie ne devait jamais oublier ces paroles qui tracèrent son destin…

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Provence, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2012

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