Dominique Lacordaire à Sorèze

SOREZE

Sorèze, chaire d’élection de Lacordaire
par Jérôme Mazzariol
(extrait)

« Sorèze sera le tombeau de ma vie, l’asile de ma mort, pour l’une et l’autre un bienfait ». Lorsqu’il s’adresse ainsi à son ami l’abbé Henri Perreyve, cela fait deux ans que le père Henri-Dominique Lacordaire (1802-1861) s’est établi au pied de la Montagne Noire. Il n’y a guère perdu son temps et sa peine. Car il n’est pas venu chercher dans ce petit village du Tarn, à l’ombre de l’imposante bâtisse qui fut jadis une abbaye bénédictine, la quiétude d’une douce villégiature en bordure de la plaine du Lauragais. Il n’a pas davantage fui les controverses politiques et religieuses soulevées par ses engagements libéraux. Point d’amertume donc, ni de retraite précoce.

Lacordaire rencontre Sorèze le 23 juin 1854. Le monastère fondé par Pépin le Bref devint au xviie siècle un collège réputé pour l’instruction des gentilshommes pauvres puis, sous Louis XVI, l’une des douze écoles militaires de France. En dépit de son prestige, Sorèze succomba progressivement aux assauts de la Révolution et de la concurrence des écoles alentour. Aussi, dans le but de rétablir le collège sur ses bases, l’assemblée générale des actionnaires sollicite le célèbre prédicateur avec le soutien des archevêques de Toulouse et d’Albi. Celui-ci accepte immédiatement de relever le défi, fort de son récent succès de la fondation du Tiers-Ordre enseignant, déjà à l’œuvre dans une école située à Oullins, près de Lyon.

[…]

 

Extrait de l’ouvrage : Balade en Midi-Pyrénées, sur les pas des écrivains (c) Alexandrines, mars 2011.

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